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Le Yoga adapté pour toutes les morphologies : Jessamyn Stanley l’a prouvé

Enseignante, lesbienne, noire et de grande taille, l’Américaine Jessamyn Stanley redéfinit les stéréotypes dans son domaine : le yoga. Sans le vouloir, elle a acquis ces dernières années une certaine renommée sur les réseaux sociaux via son compte Instagram, devenu viral. Elle publie ces jours-ci un ouvrage, Every Body Yoga qui prend position contre le culte de la performance et une tendance au formatage normatif qui considère le yoga comme du fitness, réservé à des corps toniques et à des femmes apprêtées qui s’abreuvent d’eau de coco. Bref, un idéal impossible à atteindre et souvent très éloigné de la réalité.


A travers son parcours, Jessamyn Stanley précise que rien ne la destinait, a priori, à la pratique du yoga. La jeune femme a grandi dans une famille afro-américaine typique de la classe moyenne du sud des Etats-Unis. Scolarisée dans un milieu blanc et aisé, elle était souvent comparée par ses camarades, en raison de ses goûts, au gâteau Oréo : noire dehors et blanche dedans… Adolescente boulotte, elle se voit opposer un refus lorsqu’elle postule auprès de l’équipe des cheerleaders du lycée : «Je me sentais moche et rejetée», écrit-elle. Jessamyn Stanley explique qu’elle a ensuite commencé à manger, beaucoup et sans discernement, lorsque sa mère est tombée malade. La jeune fille suit son premier cours de bikram (un yoga à haute température) à l’âge de 16 ans et le vit comme «un enfer». Plus tard, elle aura souvent envie de pleurer quand elle ne parvient pas à faire certaines poses. «Je croyais vraiment que je n’étais pas digne d’un studio de yoga», écrit-elle.


Son livre décrit en détail les différents asanas ou postures à pratiquer selon sa morphologie. Et répond à des questions d’internautes, par exemple : «Que faire si je suis la personne la plus grosse en cours et que tout le monde me regarde ?» Si le studio que vous fréquentez n’est pas inclusif, explique-t-elle, pratiquez dans le lieu le plus «body positive» : chez vous. Les cours dispensés sur Internet comme sur le site Yogaglo constituent aussi une saine alternative au jugement d’autrui. L’essentiel, selon l’enseignante, étant de se concentrer sur «ce que je ressens» plutôt que «à quoi je ressemble ?». Le poids n’est pas une tare ni une maladie, tout comme le yoga n’est en rien un régime amaigrissant : «Si vous êtes grosse, faites de la place pour votre chair, elle a besoin que l’on s’y adapte !»